Hé, môssieu le gros Noir !

Dear Dotter * accent de Londonaax*, pour faire mesure égale à l’article paru sur le décapage des femmes, j’ai souhaité équilibrer la balance. Petit tour du proprio…

L’une des répliques qui me vient très souvent à l’esprit quand je croise un mec qui fait le mazèmbé (entendez décapage), c’est cette fameuse question de Major Asse dans sa saynète «  Mon blanc à moi » : « Je dis hein, môssieu le gros Noir ! est-ce que les Noir- Noire font les métis ? », remettant avec autant d’acuité, ce problème identitaire lié à la couleur de la peau. La satire est d’autant plus mordante que chez nous, Africains, l’homme  – le vrai !– est celui qui sent le bouc, ne s’entretient pas et surtout ! NE FROTTE PAS ! excusez, je voulais dire : « ne se décape pas ».

J’ai fait un tour à Buéa dernièrement et dear dotter *accent très Upper East Side*, j’ai été sidéré. Quoi ?! Comment après avoir cru que seules les femmes coloriées existaient, les hommes s’y sont mis. Venez voir le résultat ! Un teint bistre. Pas clair, mais gris. Gris trottoir quand on y regarde de près. Sur le coup, je me suis dit, c’est pas possible. Et pourtant si. Nous les hommes, nous suivons l’exemple féminin, nous en faisons même un peu trop. Comprenez- moi : je dis non aux tâches disgracieuses mais l’usage des produits anti tâches et autres cicatrisants en plus est de trop. Retour sur Yaoundé, je pose la question à mes élèves d’une certaine école de la place… Ce n’est pas un devoir sur table, pourtant j’ai l’impression qu’ils ont activé le mode multijoueurs –pour dire qu’ils ont fait du travail en commun- , tant  la réponse est unanime : c’est la mode, on veut ressembler aux stars américaines. Chez les Bamoun pourtant, peuple de l’Ouest- Cameroun, avoir la peau claire est le passe indispensable pour la noblesse. A ce titre, je pourrai tolérer cet aspect discriminant car culturel chez eux. Mais nous ?

Ce n’est pas l’apanage des femmes. Eh oui, mesdames ! Vous avez de sérieux concurrents désormais. Les hommes, c’est connu, sont plus endurants, plus compétitifs pour atteindre  les hauts sommets de la bêtise et je vous passe le degré d’entêtement. Il faut ressembler à Fally, il faut faire comme Michael Jackson, avoir cette peau si belle à l’écran de Will Smith et nous les hommes, avons la nouvelle excuse : « Le métro- sexuel », cette espèce de dandy des temps modernes, extrêmement coquet et partant propret, beau et qui… dose ! Alors, mesdames (demoiselles) faites un tour impromptu dans les salles de bain de vos chéris : En plus des gammes de propreté (Gel douche, savonnette, eau de toilette et parfum assortis), vous trouverez cette petite fiole sans nom. A vos regards plein de point d’interrogations, ils vous répondront – la bouche en cœur – que « c’est une petite lotion de rien du tout pour les boutons et tâches diverses ». Je ne vous parle pas des odeurs que cela génère.

En effet, sous la veste et le teint jaune et affiliés (dégradé allant du noir à l’orangé voire rougeâtre), les Usher en herbe et Jason Derulo made in Cameroon transpirent. Ajoutez à cela, la cuisson aux divers acides dont ils s’oignent la peau, les effluves. Vous pouvez rire tant que vous ne verrez pas les auréoles de sueurs aux aisselles sans compter les auréoles concentriques allant du translucide sale au marron foncé et cette petite odeur rance, comme si le vêtement sortait de la cantine des aïeuls du « vesté ». Ne vous y trompez pas : les phalanges trop foncées vous conforteront : votre mec n’est pas clair et nage dans des huiles troubles pour maintenir l’illusion. Vous voulez des Métis comme rejetons ? Ce n’est pas la bonne adresse.

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