Transports urbains, jungle commune

Il en est que le bonheur des autres ulcère. Pour s’en convaincre, chers DOTers, il faut s’aventurer sur le circuit très fermé des transports urbains. Cela relève des opportunités : « ben- sikin » (pour les conducteurs de moto, qui font dans le transport (public) urbain, « opep » ou « clando » ( voitures pour les zones enclavées) et les taxis de ville… On laisse encore le bus pour ceux qui se déplacent sur du bitume.

Retournons aux opeps et affiliés. Le « clando », sorte de voiture à mi chemin entre le taxi parce que assurant le transport des biens et des personnes moyennant rétribution, et la voiture personnelle car il échappe justement aux taxes imposées au taxi et ne porte pas la couleur jaune de nos taxis d’ici. On ne va pas m’attarder sur le confort qui s’en est résolument voir ailleurs s’il y est. Voici le topo: banquette arrière, cinq places au lieu des trois recommandées par les assurances; et sur le siège passager (à l’avant donc) deux places (classique, au Cameroun) et! Comme pour faire bonne mesure, le chauffeur se fait charitable: il partage son siège avec un passager. Autant vous dire que c’est très rarement une femme. Addition élémentaire: cinq + cinq valent 10.

10 places sur les 5 prévues.

Quand le capitalisme revêt ses atours les plus pervers…

Le stationnement, clandestin lui aussi, était un terrain vague et boueux entre deux immeubles, où stationnent une multitude de « clando », attendant d’être plein. Plein à craquer. Vous pouvez être “chanceux”. Dans la mesure où dans votre « clando », vous êtes quatre à la banquette arrière. A l’avant, avec le chauffeur (sur le même siège, je veux dire !) un client et sur le siège passager, deux autres personnes, dont un des passagers légèrement enrobé. Celui que nous avons essayé pour vous avait une forte odeur de poisson dans l’habitacle qui contenait à grand peine nos huit corps. La pluie empêchait la baisse de toute vitre et l’air conditionné semblait n’avoir pas envie de fonctionner. D’ailleurs le chauffeur, personnage saoul si tôt le matin, en plus de nous dispenser ses effluves alcooliques nauséeuses, n’émit même pas un geste vers le système d’air conditionné. D’accord. Je me plains trop. Mais je me suis abstenu de me plaindre à voix haute. Un client a osé demander pourquoi la voiture était aussi sale. Et sentait si mauvais. La réponse du chauffeur ne s’est pas fait attendre. Pourquoi ? a fait cet homme. Je la nettoie alors que je vais dans un village ? A-t-il continué. De quoi en rester muet de saisissement.

Retour a Yaoundé.

               Emprunter un taxi dit “de ville” tient de la gageure selon l’endroit où vous êtes et vous vous rendez. La pulsion de mort ne demande qu’à s’épanouir chez l’automobiliste, sous – espèce si camerounaise du barbare des Atlantides de la route : des gens haussent le ton, les avertisseurs s’en mêlent. On se croirait dans un bouquin de Pierre ASSOULINE tant la description des vociférations et des brandissements des poings est in vivo. Les piétons ne sont pas en reste et le passage clouté est une véritable aberration. Heureusement que les conducteurs de taxi ont le verbe facile à Yaoundé. Les noms d’oiseaux pleuvent drus et serrés. Tant qu’on n’est pas concerné, on sourit. On se fait complice de l’incivisme ambiant. L’avantage ici, c’est que les mange- mille, entendez la brigade des routes, est plus … disons près de la plus value. Ce qui n’empêche pourtant pas de pratiquer la surcharge. Du coup, en tant que passager, préférez la banquette arrière: les trois places requises sont respectées et si jamais le taxi- man veut ajouter un quart de place en plus, on fait scandale. Cependant, ça reste le règne absolu de l’incivisme. Entre ceux qui s’asseyent en quinconce au détriment des deux autres, et ces faux machos qui restent jambes écarts… On frise légèrement la rebel- attitude au pays des Lions Indomptables.

Autre addition littérale cette fois (rires) Rebel et Lion font rébellion.

Les taxis ont en effet bien compris le concept: ils enchaînent grève sur grève, comme pour nous faire les pieds dans notre ville pas si plate que ca -la ville aux 7 collines! San Francisco ne ferait pas mieux malgré ses descentes abruptes- et a des moments clés comme la rentrée des classes, ou de façon triviale, le 15 d’un mois quelconque. En plein milieu de mois, quand les fonctionnaires ont fini d’épuiser leurs ressources et commencent à vivre dans l’impatiente attente de la prochaine paie. Vicieux, n’est- ce pas? Pourtant ils ont obtenu à chaque fois gain de cause, l’augmentation des frais de transport. Du coup, je me pose une question. Quand ferons- nous une grève du consommateur? Car ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que les salaires eux, grimpent difficilement à la fonction publique et les grincements de dents sont de plus en plus fréquents.

Sur ce, chers DOTers, je dois y aller. L’heure de pointe c’est bientôt et je tiens à arriver chez en un morceau et pas froissé.

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